30.11.2009

CONSEIL NATIONAL UMP

Ce samedi un Conseil National UMP, réunion de la grande famille politique élargie

où se retrouvèrent Martine Maurand (Paris) et Emmanuelle Vucher Bondet (Neuilly)

aux côtés de Xavier Bertrand Secrétaire Général de l'UMP,

et entourant leur présidente Maryse Viseur

accompagnées d' Hélène Delneste  et de Christine Guiter (délégation de Bordeaux)

de Frédérique de Watrigant (délégation de Biarritz)

de Paule Pénillard (délégation de Mâcon)

et de Marie-Claude Villageois (représentante de la Guyane).


Engagements, Valeurs, Fidélité, Promesses

seront les mots qui raisonnent encore et marqueront ce 13ème Conseil National.

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CHUTE DU MUR DE BERLIN PAR M. LEBEDEV

 

La chute du Mur de Berlin vue du côté russe

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Par MONSIEUR LEBEDEV

 

 

Merci à Monsieur Michaël LEBEDEV d’origine russe, Docteur en sciences politiques et en droit, diplômé des relations internationales de Moscou équivalent de l’ENA, depuis peu il est avocat, Professeur de Droit au Centre des études diplomatiques et stratégiques, Rédacteur en chef de la revue Géopolitique Africaine, que nous avions déjà reçu et qui a accepté d’intervenir ce soir, car et il nous a semblé intéressant d’entendre le point de vue d’un Russe au sujet de la chute du mur de Berlin.

 

 

« C’est un plaisir d’intervenir pour Femme Avenir, je suis déjà venu il y a 3 ans.

Le 9 novembre toute la communauté internationale a célébré le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, on en en parlé dans la presse, dans les médias mais quel est le sens de cet évènement ? Ces célébrations ont eu un sens politique. Plusieurs dirigeants européens le Président Russe Mr Medvedev, le secrétaire général du parti communiste de l’URSS, Mr Gorbatchev étaient présents.. Dans certains pays cet évènement est passé inaperçu car 20 ans ont passé, cet évènement n’est pas présent dans notre vie quotidienne, on a oublié, il y a eu un sondage en Russie. La question était pourquoi le mur ? Qui l’a détruit ? 50% des russes n’ont pas pu répondre, un jeune a même dit « on a fait le mur pour se protéger contre les invasions des barbares ! ». Il y a un déclin culturel partout, aux Etats-Unis certains ne savent toujours rien au sujet de la 2ème guerre mondiale. Les jeunes ne pensent pas aux évènements qui se sont passés il y a 20 ans. Cette date correspondait à la réunification de la société internationale. Ce fut la chute des barrières entre l’Est et l’Ouest. Comment l’a-t-on vécu en Russie ? Presque dans une indifférence totale car en 89 c’était l’apogée de la perestroïka, il y avait le déclin de la popularité de Gorbatchev, le début de la crise économique, la chute de la production industrielle, il y avait des pénuries partout avec des queues dans les magasins. A cette date il n’y avait plus de savon, ni d’allumettes. En 91, en Octobre, en rentrant d’une mission, j’ai fait 3 jours de queue même la nuit où je dormais 3 h, pour acheter 10kgs de sucre. On distribuait de petits bons, des tickets pour 1 kg de sucre donc on a réuni toute la famille pour acheter ce sucre. J’étais jeune donc je pouvais ne pas dormir. A ce moment, ce fut une période d’incertitude et même de peur. On pressentait l’effondrement de l’URSS mais on ne savait pas la suite, une guerre civile ? (il y avait une opposition entre les réformateurs avec Gorbatchev et les conservateurs la vieille garde du parti, le KGB, l’armée en partie). Les conservateurs disaient que la perestroïka avait entraîné la chute du bloc soviétique. On dit parfois que la chute du mur a eu lieu grâce à l’URSS, mais ce n’est pas vrai. Le processus a ses racines dans les années 70 avec la lente décomposition du bloc soviétique qui a commencé en Pologne avec la montée de Solidarnosc de Lech Walesa. L’année 89 a été très symbolique, car Solidarnosc a été légalisé, a pu participer aux élections et les gagner. La Pologne était le maillon faible du bloc soviétique. Mon père était un admirateur de la Pologne, un expert. Je suis né en 1960 à Moscou où mon père était diplomate. J’ai vécu à Varsovie de l’âge de 6 mois à 3 ans, et j’ai de petits souvenirs, mon père, un expert, parlait de la Pologne avec inquiétude. En 88 il y a eu une libéralisation en Hongrie bien avant la chute du mur de Berlin, les gens passaient car les Hongrois avaient démonté les barrières frontalières entre la Hongrie et l’Autriche. En été 89, les allemands de l’Est gagnaient l’Allemagne de l’Ouest par la Hongrie et l’Autriche. Les Hongrois ne furent pas violents, se rappelant sans doute l’intervention des soviétiques en 1956 chez eux, et l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968. Ensuite l’Allemagne de l’Est s’est mobilisée. Les allemands passaient par la Hongrie avec des exilés politiques jusqu’en Autriche. En Allemagne, en automne 89, il y avait des manifestations dans les grandes villes comme à Leipzig. Après la chute du mur, il y a eu des révolutions de velours dans les pays du bloc soviétique en Bulgarie, en Pologne. C’était l’effet domino. Il y avait déjà des négociations sur le statut futur de l’Allemagne de l’Est, donc la question était sur le tapis. Il n’y a pas eu de confrontations internes même en Roumanie, ou externes avec l’URSS. Donc la chute du mur passa inaperçue du fait des difficultés de la vie quotidienne, des incertitudes politiques. Il y avait des conflits ethniques en URSS, au Kazakhstan, au Karabakh, à Minsk en Biélorussie, en Crimée. Le statut futur de l’Allemagne de l’Est posait des problèmes, ce fut un problème politique, économique et social énorme du fait du retrait des forces russes ; un demi million de soldats russes, des milliers de chars, des dizaines de milliers de voitures militaires, des canons, des lances roquettes et aussi des têtes nucléaires. Il fallait évacuer tout ça. La logistique pour les faire partir coûtait de l’argent. Ces soldats revenaient en URSS, il fallait trouver des emplois, et ce fut la période de la crise économique aussi, mais les Russes se sont retirés de l’Allemagne. 1989 était aussi l’arrivée de Bush père qui a négocié avec Gorbatchev les modalités du retrait russe, du statut de d’Allemagne et du rapprochement entre les blocs. Ils ont annoncé la fin de la guerre froide Il y a eu aussi des détentes en Afrique du Sud, Frédéric de Clergue a mis fin à l’apartheid. Une sorte de guerre froide en Afrique australe existait contre l’apartheid. En même temps, ce fut Tienanmen, le contraire de la chute du mur. L’impact a été important sur la société internationale. La chute du mur était la réunification de l’Europe tandis que la Chine a montré une division à Tienanmen et une manifestation de la volonté des dirigeants de conserver le système communiste et d’appliquer une politique très dure. Pendant quelques années la Chine a été isolée et ce qui a permis de consolider l’économie, de mobiliser la population pour développer le potentiel industriel. La chute du mur a formé le 20ème siècle. Le plus grand défi de notre époque, c’est l’émergence de la Chine et aussi d’autres pays comme l’Inde et le Brésil. On voit partout l’émergence de la Chine (commerces, touristes) et elle s’impose partout dans le Monde. C’est un défi économique et politique à toute la civilisation occidentale. Les économistes des siècles précédents ont parlé de la théorie des avantages comparatifs qui jouent un grand rôle dans la division internationale du travail et dans l’évolution du capitalisme. Jusqu’alors elle s’est développée de manière plus ou moins équilibrée. Certains pays avaient des ressources minières, d’autres du pétrole, d’autres des ressources forestières, d’autres des productions agricoles ou industrielles, ces avantages donc étaient équilibrés, aucun pays ne se distinguait des autres de manière importante. Il n’y avait pas de guerre, les USA n’ont pas eu de dommages chez eux. Donc les américains ont eu un grand succès économique. Il se pose un problème avec les pays émergents, ce qui crée un énorme déséquilibre du fait de la main d’œuvre extrêmement bon marché. Tout est 10 à 20 fois moins cher à produire. C’est ce déséquilibre qui conduit aux délocalisations vers ces pays. L’armée des travailleurs chinois conquiert le monde. D’où la désindustrialisation de l’occident. Les capitaux affluents où il y a des pays attractifs entre autres vers la Chine ou l’Inde. On est inondé de produits chinois. J’ai pris un catalogue d’appareils photos il y en avait 20 et l’inscription «  fabriqué au Japon ! » ce point d’exclamation était provocateur car presque tout est fabriqué en Chine. Taiwan perd du terrain maintenant.

Que se passera-t-il si l’Occident perd ses industries ? C’est un risque réel que ferons-nous ? Le chômage peut atteindre 30%. Retournerons-nous à la terre ? Quelles sont les solutions ? Peut-être sont-elles simples, reconstruire les barrières et le protectionnisme ? Ce protectionnisme serait contraire à la mondialisation. Doit-on fermer nos marchés ? Mais cela n’est pas possible car les groupes occidentaux investissent en Chine. Pourront-ils fermer l’accès à leurs marchés, si PSA produit les Peugeot en Chine il faudra les réimporter ? Il y a des produits locaux parfois de qualité mais des groupes étrangers en Chine ont de sérieux contrôles de qualité comme Siemens.

Ce déséquilibre se sentira pour une ou plusieurs générations. La solution serait que les pays qui ont des spécialisations particulières les développent. La France a un potentiel industriel important surtout de produits de luxe que les Chinois ne pourront pas acheter dans l’immédiat. Ce sont les parfums, la mode, la gastronomie. Les chinois ne pourront pas produire les bordeaux, les fromages, les sacs Vuitton, et il faudra réfléchir aux technologies comme Airbus, l’électronique, les produits informatiques. La France est plutôt bien positionnée à ce niveau. Il faudra que chacun participe à cette réflexion. C’est le défi majeur de notre temps. Merci.

 

Q Que pensez vous de l’orientation actuelle de Poutine, Ira-t-il vers l’ouest donc vers l’Europe ou vers l’est donc vers la Chine. En Sibérie, il y a dit-on 25 millions de Chinois qui travaillent dans les mines surtout puisque maintenant les progrès technologiques permettent de percer le permafrost. Les Russes sont peu nombreux car les conditions climatiques sont très pénibles. Il y a donc une pression démographique importante à l’Est de la Russie via la Sibérie.

 

R M .Lebedev

Il serait très long de répondre à cette question. Depuis longtemps au 18ème siècle les Russes se sont déjà tournés vers l’Occident, ils se considèrent comme européens et la culture russe fait partie de la chrétienté malgré les problèmes idéologiques post révolutionnaires. Mais il y a un problème car les 2/3 du territoire sont en Asie, c’est un pays Eurasiatique. En Russie il y a 144 millions d’habitants dont 30 millions ne sont pas des Russes. La Russie est un pays multinational, multiculturel, pluri-religieux (plusieurs religions cohabitent dont l’islam très présent, les tatares par ex. sont une composante historique très importante de l’identité de la Russie). Il y a 2 notions en Russie : le Russe ethnique, Rouski et la notion de Russians c'est-à-dire les habitants de la Russie pas ethniques, car il y a des centaines de nations, de petits pays, qui vont jusqu’au chaman avec des groupes ethniques d’une vingtaine de personnes en Sibérie avec des langues différentes. Pour répondre à cette question brièvement, si l’on connaît les données démographiques, il y a une énorme Sibérie 10 millions de km2 aussi grande que les USA sous peuplée, avec une vingtaine de millions d’habitants, elle est quasi vide. Il n’y a pas de routes et la population est répartie dans quelques poches au Sud et en extrême orient. Donc elle est vide, ses ressources sont énormes et au sud il y a la Chine, surpeuplée qui n’a pas de ressources. Au point de vue de la géopolitique, il y a une pression démographique, économique, politique et militaire du sud. Comment les résoudre ? Les dirigeants russes sont conscients de ce défi et la Russie risque de perdre la Sibérie. Les Chinois peuvent mobiliser des armées énormes, elle a aussi l’arme nucléaire. La solution serait de permettre la migration lente des Chinois en Sibérie car la Russie ne peut pas exploiter la Sibérie du fait d son déclin démographique. Il y a des rapports de l’ONU très inquiétants qui disent que vers les années 2050 la Russie n’aura plus que 100 Millions d’habitants. C’est moins que l’Indonésie, le Brésil, le Nigeria, la Pakistan.

 

Q Il y a un milliard 400.000 de Chinois et ils n’ont qu’un seul enfant, 1 milliard d’Indiens ils constituent en tout 30% de la population mondiale, on ne pourra pas lutter contre ces gens. Que faire ???

 

R Mr Lebedev C’est un problème existentiel et je n’ai pas de réponse, je pense qu’il n’y aura pas de guerre majeure, mais des processus lents changeront le paysage mondial. La Russie change et devient plus asiatique avec les populations de l’Asie centrale qui migrent vers la Russie. Les dirigeants ont essayé de limiter l’émigration chinoise en favorisant l’émigration des Vietnamiens, il y a des communautés à St Petersbourg, à Moscou. Moscou regarde vers l’occident, mais cette affluence de Chinois se développe et la Russie s’orientalise de plus en plus.

 

La Russie est riche c’est sûr en matières premières et en technologies mais elle a un problème de déclin démographique, elle a peu d’armée maintenant et elle ne peut pas recruter de conscrits. Le capitalisme à l’européenne n’a pas triomphé mais c’est un capitalisme sauvage, destructeur avec ces nouveaux riches échappant aux contrôles fiscaux.

 

J’ai parlé du défi qui nous attend, mais il ne faut pas céder à la xénophobie car c’est notre monde et il faut essayer de vivre ensemble. Il faut diviser autrement le travail avec des contrôles de qualité sans rétablir les barrières protectionnistes. La main d’œuvre en Asie travaille pour une poignée de riz et il faudrait imposer des politiques sociales pour ne pas orienter ces pays vers la conquête du marché mondial, mais les diriger vers une meilleure vie pour leurs populations. On ne peut pas accepter le travail des enfants. Nous formulons des vœux pieux à travers la communauté internationale qui veut une régulation des marchés et des systèmes bancaires. Rien n’a été fait du côté des banques qui distribuent encore plus de bonus qu’avant la crise.

28.10.2009

DOMINIQUE PAILLE

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FEMME AVENIR a reçu Monsieur Dominique PAILLE

Conseiller auprès du Président de la République

et porte parole UMP.


Un échange "productif" entre la salle et notre invité ont permis à

l'assistance d'être partie prenante de l'actualité politique et d'y apporter son

éclairage.